C’est une femme singulière qui, mardi, a été faite Chevalier de l’Ordre national du Mérite. Ingeborg Becq a choisi Marcel Diologent pour parrain, et pour écrin le Mémorial du 19 août 1942 : il en est premier vice-président, elle la seconde. Pas banal pour une femme d’origine allemande, Française par son mariage. Le maire Nicolas Langloisrappellera que le lieu commémore « une opération qui avait pour but de nous libérer de la barbarie nazie et non allemande ».
Investissement associatif
Après avoir travaillé en Afrique, en Allemagne et en France, Ingeborg Becq s’installe définitivement dans la région à sa retraite en 1995, à Saint-Ouen-sous-Bailly. Elle multiplie les investissements associatifs : anciens de la commune, Jubilee, Restos du Cœur et leurs chantiers d’insertion ACI, Arche de Noé, cours de français aux assistants étrangers de l’Arche d’Ecorcheboeuf (personnes handicapées), égrène Marcel Diologent. « En 2015 tu reçois le Diplôme Bénévole 76, remis par le Département et amplement mérité » ajoute-t-il en la priant de se ménager, à 78 ans.
Ce sont ces engagements que salue la distinction, comme « une obligation de continuer ce qui a valu d’entrer dans l’ordre, souligne sa présidente départementale Marie-Claude Linskens, autour de trois valeurs : civisme, citoyenneté, civilité ».
« Je vous promets de m’appliquer à être un bon compagnon » a répondu Ingeborg Becq. « C’est pour nous une grande fierté, confie sa fille Tania. Si souvent, les engagements restent sans reconnaissance... Ma mère a une grande adaptabilité, une grande ouverture d’esprit. Malgré ses postes haut placés elle a toujours voulu être proche des personnes. Quels que soient leur race, leur religion leur milieu... Ce qui l’intéresse, c’est l’âme des gens. »